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Les principaux ravageurs de l’oléiculture nationale   
Mme Yamna OUGUAS - INRA Marrakech

Le Maroc occupe le septième rang dans la production oléicole mondiale avec 40 millions d'oliviers et une production moyenne en huile d'olive de 35 000 tonnes et 70 000 tonnes en olive de table dont 50 % est destinée à l'exportation (2ème exportateur après l'Espagne). L'olivier constitue donc au Maroc la principale essence arboricole fruitière. Il occupe environ 500 000 Ha soit 50 % des superficies réservées à l'arboriculture au niveau national. Les principaux ravageurs de l'olivier au Maroc sont :

- La Mouche de l'olivier, Bactrocera oleae Gmelin.
- La Teigne de l'olivier, Prays oleae Bernard.
- Le Psylle de l'olivier, Euphyllura olivina Costa
- La Cochenille noire, Saissetia oleae Olivier

Il faut souligner que la culture de l'olivier au Maroc est ancestrale. Une entomofaune importante constituée de parasites et de prédateurs des ravageurs de l'olivier est installée depuis longtemps dans cet agro système. La richesse et l'abondance de ces entomophages sont favorisées par le mode de conduite de l'oléiculture marocaine basé sur l'utilisation limitée des pesticides.

Durant ces deux dernières décennies, le développement et la modernisation de ce secteur a entraîné une intensification de cette culture ce qui a permis une utilisation, quelques fois abusive, des produits phytosanitaires. Cette situation a provoqué un déséquilibre biologique au niveau des oliveraies traitées.


La mouche des olives
Bactrocera oleae Bern. (Diptère, Tripetidae)

La mouche des olives Bactrocera oleae Bern. est un diptère qui s'attaque essentiellement aux fruits. Il est considéré comme l'ennemi le plus redoutable des cultures oléicoles. Les larves qui s'alimentent de la pulpe, déprécient le fruit et altèrent la qualité de l'huile. C’est un insecte monophage ; les olives constituent son support naturel de ponte. La mouche de l'olive achève son développement pendant la période fructifère de l'olivier avec en général 3 ou 4 générations par an.
Au Maroc les premières pontes ont eu lieu au début du mois de juin sous la cuticule des olives suffisamment développées. On ne relève en général qu’un œuf par fruit mais parfois plusieurs piqûres peuvent exister sur le même fruit. La larve sort 3 à 6 jours après la ponte, en période estivale, elle creuse une galerie en direction du noyau et sillonne la pulpe du fruit. Le développement larvaire dure 10 à 15 jours au bout desquels l’olive peut chuter. L’apparition des adultes indique le début d’une nouvelle génération. Les générations se succèdent ainsi jusqu’en Octobre-Novembre. La dernière génération se nymphose dans le sol où elle passe l’hiver sous forme de pupes

Importance des dégâts

Il existe des années de fortes invasions où la mouche des olives occasionne d'importants dégâts sur la culture de l'olivier. Cependant certaines années sont caractérisées par une présence très faible de l’insecte. Cette variabilité d'abondance des populations de ce ravageur est due aux conditions écologiques de la région, aux variétés d'olivier cultivées ainsi qu'à d'autres facteurs biotiques. Les dégâts sont de plusieurs ordres :
- chute d’olives immatures, estimée par certains auteurs entre 30 et 50%
- dépréciation et dévaluation commerciale des olives de table
- détérioration de la qualité technologique des olives destinées à la trituration.
L'acidité, considérée comme critère important de la qualité de l'huile est fonction du niveau de dégâts occasionnés par les asticots. Toutefois, la qualité de l'huile d'olive ne se détériore qu'à partir de 20% d’infestation.



Techniques de piégeage

Le suivi des vols des adultes de la mouche permet de prendre la décision sur les avertissements agricoles. Pour se faire, deux types de pièges peuvent être utilisés:
- Les gobe-mouches ou pièges alimentaires sont sous forme de bouteilles d’eau minérale d’un litre et demi perforées de trois trous et fixées à la branche par une ficelle. Le produit utilisé est une solution de 5% de sulfate d’ammoniaque, renouvelable une fois tous les 15 jours.
- Les pièges sexuels ou à phéromones utilisés sont les pièges du type Delta contenant une capsule à phéromone synthétique renouvelable une fois par mois.
Les pièges sont placés dans la frondaison de l’arbre à hauteur d’homme avec une densité de 3 pièges à l’hectare.

Moyens de lutte

Traitements chimiques

La lutte préventive est réalisée dès l’apparition des premiers adultes de chaque génération (date donnée par les avertissements agricoles ou piégeage à la parcelle).
Le traitement peut être localisé ; il s’agit de pulvériser un insecticide et une substance attractive dans la partie sud ou sud ouest de l’arbre. Cette méthode de lutte est plus respectueuse des insectes utiles dont la présence est garante d’une maîtrise des populations de ravageurs.
En traitement généralisé, la pulvérisation concerne toute la partie aérienne de l’arbre. L’efficacité dépend de la qualité de la pulvérisation.

Lutte contre la mouche des olives par les travaux du sol

C’est une technique de lutte culturale dirigée contre le stade nymphal de Bactrocera en hivernation. En effet, le travail du sol avec un léger labour ou à l’aide d’un cover crop pourrait constituer un facteur clé de mortalité des pupes hivernantes. Le retournement du sol en hiver pourrait provoquer la mortalité des pupes exposées à la surface du sol.

Lutte contre la mouche de l'olive par les captures en masse

Nous avons suivi les niveaux de capture des adultes (mâles et femelles) de la mouche dans les piéges alimentaires à base de sulfate d’ammoniaque et d’ammonitrate. Pour la lutte en masse, un piège alimentaire est installé par arbre sur l’ensemble des oliviers à partir de Juin jusqu’à la fin de la récolte. Il s’est avéré que les captures assurées par les pièges à base de sulfate d’ammoniaque sont deux fois plus importantes que celles dues aux pièges d’ammonitrate.
L’utilisation des pièges alimentaires à base de substances azotées permet d’assurer le contrôle de la mouche de l’olive. De même, le coût de ces pièges est très réduit, puisque les substances testées sont des engrais utilisés habituellement par les agriculteurs. Cette méthode a une importance écologique particulière puisqu’elle ne contient pas d’insecticides et n’a aucun effet sur les parasites et les prédateurs. Cette technique présente également l’avantage d’être pratique. Elle est utilisée dans d’autres pays comme la Grèce pour réduire les effets néfastes des pesticides qui en plus de la pollution des produits agricoles entraînent des pertes économiques considérables.

En plus de la pratique de la taille, l’anticipation sur la date de récolte permet de réduire les niveaux d’infestation des olives par la mouche en assurant une production intéressante en huile d’olive. Cette pratique pourrait être utilisée dans un programme de lutte intégrée.

En conclusion, la lutte contre la mouche des olives devrait être raisonnée en tenant compte des données climatiques, des niveaux de population et de la destination de la production. Le recours aux traitements chimiques ne devrait se faire qu’après la réflexion sur ces trois facteurs.


Publié le : 21-04-2008 à 03:14:37
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Auteur : Mme Yamna OUGUAS  Ecrire à l'auteur




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